Année 2007

        

         Le temps est venu pour écrire quelques mots sur une autre saisonne. C’est triste parce qu’en premier elle est déjà passée et en deuxième nous avons un an de plus et la tombe s’approche de plus en plus. L’autre fois j’ai même réfléchi qu’est-ce qu’on devrait écrire sur ma pierre tumulaire, mais rien ne m’a plu et alors je dois continuer à vivre encore, au moins jusqu’à ce que je trouve une inscription tombale.

            Revenons pourtant à notre tournoi, la saisonne 2007. Elle a été pleine de records: la plus pluvieuse (il n’a pas plu seulement 12 jours sur 110!), toutes les représentations se sont passées bien, en plein nombre et sans de graves blessures et nous avons visités le plus de brocantes et vide-greniers dans une saisonne.

            Nous avons entamé cette année au festival mediéval à château-fort de Sedan, au tournoi du seigneur Hugues de Barbançon (le scénario de l’année précédente). Cinq représentations dans deux jours ont été assez difficiles pour nous, tout comme pour les chevaux et surtout pour mes cordes vocales! Puis toute la troupe est allée se réposer en Slovaquie pour un mois, sauf moi et Valer. Nous sommes restés à Sedan pour s’occuper des chevaux, monter le reste du campement et sécher les vêtements, parce qu’il pleuvait depuis notre arrivé... Nous avons creusé un système de canaux d’asséchement du terrain autour les tentes et nous avons achevé les costumes et les accessoires pour le nouveau spectacle. Après quatre semaines, les autres sont revenus et, pleins d’enthousiasme, ont commencé de construire avec joie leurs modestes logis entourés de canaux et de fossés d’eau. Surtout nos nouveaux membres, le maréchal de lice Peter et le chevalier Bystrik (des Mercenaires de Trnava) ont révélé leurs immenses esprits inventifs et ils ont fait dans leur tente une espèce d’échaffaudage dont aucun enterprise de construction du Viêt-nam ne devrait pas avoir honte! Nous appelions familiérement leur tente « le Saigon ». Celle des écuyers a été « le marais », d’après la série télévisée MASH.

Les deux premières semaines, nous avons joué le spectacle pour les enfants et puis dans le Grand tournoi, les chevaliers du nord se sont opposés contre les chevaliers du val. Les deux groupes concourraient et donc les disciplines gagnaient de la rivalité et de la passion! En plus, on a déclaré de « magiques bornes de points » et ces limites hors du commun ont poussé les efforts des chevaliers jusqu’aux performances glorieuses! Pour atteindre 40 oculuses, il a fallu gagner toutes les disciplines au plein nombre de points. Les seigneurs Gaston et Roland ont réussi, les autres chevaliers se sont approchés de ces limites... Cependant la limite magique de 100 points à une équipe est resté insurmontable, mais ceci a été la faute des chevaux, naturellement...

Hormis le tournoi, cette année il faut se souvenir du parcours acrobatique sur les arbres dans un parc d’attractions en Belgique, où tous les participants (les écuyers, les chevaliers, tout comme l’héraut d’armes et nos enfants) ont confirmé, dans une hauteur de 10 mètres et avec une certitude absolue, la théorie d’évolution du Mr. Darwin. Il faut mentionner de même l’inoubliable descente de la Semois en kayaks – grâce à une blague manquée d’un Belge manqué, nous avons ramé contre le courant pendant 2 heures! Ici, on a montré la force cohésive du collectif, la parfaite maîtrise de soi de tous les membres masculins d’équipage qui ne se sont pas laissé provoquer à utiliser du lexique vulgaire devant les femmes et les enfants et, non en dernier lieu, on a montré la force morale de nos femmes (Helena et Luba), qui ont irréductiblement affronté le courant d’eau et se sont raidies contre l’adversité.